Après le bisphénol A (BPA) que nous cache t’on ?

Posté le 4 septembre 2013 par santeendanger dans Article, Bisphénol A

Bisphénol A : un lien avec les troubles psycho-comportementaux des enfants 
3 septembre 2013

Washington, Etats-Unis - Selon une étude américaine l’exposition à des concentrations de bisphénol A (BPA) pendant la période prénatale ou la petite enfance augmenterait le risque chez l’enfant de développer, à un âge plus avancé, des troubles du comportement, tels que l’anxiété, la dépression, l’inattention ou l’hyperactivité [1].

L’analyse, basée sur le suivi de 292 enfants, a montré des différences selon les sexes et la période d’exposition. Une exposition prénatale a ainsi été associée à l’apparition de comportements d’intériorisation chez les garçons à l’âge de sept ans, comme l’anxiété ou la dépression, mais pas chez les filles.

En revanche, une exposition au BPA pendant la petite enfance était associée, au même âge, à davantage de comportements d’extériorisation chez les filles, tels que des troubles des conduites, caractérisées par exemple par des crises de colère ou des désobéissances répétées.

La détection de BPA dans les urines des enfants étaient également liée au développement ultérieur de comportements d’intériorisation, d’inattention et d’hyperactivité, tant chez les filles que chez les garçons.

« L’exposition au BPA, contenu notamment dans les plastiques durs alimentaires ou les boîtes de conserve, devrait être évitée autant que possible », a affirmé auprès de Medscape medical newsRobert Gunier, l’un des co-auteurs de l’étude, doctorant au Center for Environmental Research et à la Children’s Health in the School of Public Health (Université de Californie-Berkeley).

Recherche du BPA dans les urines en prénatal et en postnatal

« De précédentes études ont montré des résultats similaires, en particulier sur le développement de comportements d’intériorisation chez les enfants. En considérant ces nouveaux travaux, le lien entre troubles psychiques et exposition au BPA tend à se confirmer », souligne Robert Gunier.

Considéré comme perturbateur endocrinien, « le BPA a été associé au développement d’états d’anxiété et d’hyperactivité chez l’animal », indiquent les chercheurs dans leur étude, publiée en ligne dansEnvironmental research.

Selon eux, si certaines études menées chez l’homme ont déjà montré un lien entre une exposition précoce au BPA et l’apparition de troubles du comportement chez l’enfant, des résultats concrets n’apparaissent pas clairement, y compris concernant les éventuelles différences entre les deux sexes.

Des données issues de l’étude CHAMACOS
Les chercheurs ont procédé à l’analyse des données de l’étude CHAMACOS (Center for the Health and Assessment of Mothers and Children of Salinas), initiée en 1999 pour évaluer les effets de l’environnement sur 601 femmes enceintes vivant dans une zone agricole de Californie, puis sur 292 de leurs enfants.« Cette étude a été menée, dans un premier temps, pour examiner les effets d’une exposition des pesticides chez ces femmes employées comme ouvrières agricoles, avant de l’élargir à d’autres composés chimiques, comme les agents ignifuges ou le BPA », précise Robert Gunier.

L’exposition prénatale en BPA a été déterminée à partir d’échantillons d’urine des femmes prélevés pendant la grossesse. Pour l’exposition postnatale, le BPA était recherché dans les urines de leurs enfants, à l’âge de cinq ans.

Lorsque les enfants ont atteint l’âge de sept ans, ils ont fait l’objet de deux tests pour évaluer leur comportement, le BASC-2 (Behavior Assessment System for Children) et le ACSH (Conners’ ADHD/DSM-IV Scales), à partir d’informations recueillies auprès des mères et des enseignants.

Comportement agressif

Au regard des scores obtenus avec le BASC-2, les chercheurs ont constaté davantage de comportements d’intériorisation chez les garçons les plus exposés au BPA avant la naissance.

Plus précisément, une concentration doublée de BPA dans les urines maternelles était associée à une hausse des scores d’intériorisation déterminés à partir des comptes rendus remis par les mères et les enseignants, de respectivement 1,8 points (95%, de 0,3 à 3,3; P <0,05) et 2,5 points (95%, de 0,7 à 4,4; P <0,01).

Les concentrations les plus élevées en période prénatale ont également été associées, chez les garçons, à une hausse des symptômes de dépression de 1,5 points, dans les comptes rendus des mères, comme dans ceux des enseignants, ainsi que de l’anxiété, de respectivement 3,2 et 1,9 points.

Un comportement agressif accru a également été mis en évidence, mais seulement dans les rapports des enseignants.

Aucune association n’a, en revanche, été rapportée entre l’exposition prénatale au BPA et les scores du ACSH. De même, les résultats des deux tests ne permettent pas d’attester un lien entre les niveaux d’exposition prénatale et l’apparition de troubles chez les filles.

En revanche, une exposition au BPA pendant l’enfance était fortement associée à une inattention et une hyperactivité chez les filles comme chez les garçons. Le lien avec les troubles des conduites n’était avéré que chez les filles.

Les chercheurs évoquent toutefois les limites de l’étude, qui ne prend pas en compte la durée d’exposition. D’autres mesures devront être effectuées. Selon Robert Gunier, les travaux vont se poursuivre avec notamment une évaluation de l’effet des polybromodiphényléthers (PBDEs), des composés ignifuges.

« Les enfants de la cohorte ont désormais une moyenne d’âge de 12 ans. Nous allons continuer à observer leur comportement, leur développement neurologique, et voir en particulier si les expositions aux produits chimiques vont influer sur le déclenchement de la puberté », a-t-il expliqué.

En France, une interdiction progressive du BPA annoncée pour 2014
Les principales sources d’exposition alimentaire au Bisphénol A sont les produits conditionnés dans des boites de conserve. L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a également identifié les bonbonnes d’eau en polycarbonate comme source importante. La manipulation de tickets thermiques (tickets de caisse ou les reçus de cartes bancaires) est considérée à risque, notamment dans le cadre professionnel.Par précaution, la fabrication, l’importation, l’exportation et la mise sur le marché de biberons en plastique dur à base de BPA ont été suspendues en France en 2010, puis au niveau européen en 2011. En outre, selon la Direction générale de la santé (DGS) « les autorités sanitaires se sont engagées, à la demande du Gouvernement et du Parlement, à interdire progressivement l’utilisation du bisphénol A pour la fabrication du polycarbonate et des résines à usage alimentaire », à partir de 2014 pour l’ensemble de population.En attendant, la DGS a édité une plaquette reprenant ses recommandations à l’attention des femmes enceintes et des parents de jeunes enfants. Il y est notamment conseillé de ne plus utiliser de biberons et de vaisselles en polycarbonate, et d’éviter de chauffer les aliments et les boissons dans leur conditionnement d’origine.

L’étude a été financée par les subventions du National Institute of Environmental Health Sciences et de la United States Environmental Protection Agency. Les auteurs n’ont déclaré aucun conflit d’intérêt.

 

Ce sujet a fait l’objet d’une publication dans Medscape.com

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